Créations

 

* Et rien ne bouge *

* Car, à travers tout, femme demeure *

* Jocaste *

* L'Antigone de Clios *

Et rien ne bouge

Et rien ne bouge est une pièce chorégraphique pour un public actif.

Les mouvements massifs de contestation sociale en France et dans le monde de ces dernières années nous poussent à nous emparer de cette dynamique pour questionner, à travers l’acte chorégraphique, ce qu’est le corps de la révolte : ses dynamiques, ses moteurs, ses enjeux et ses risques.

Tout l’enjeu de la pièce est de mettre en mouvement le spectateur : physiquement et intellectuellement. En trois étapes, nous proposons au public de questionner sa posture de spectateur, pour l’amener, par le biais de questions fortement ancrées dans les enjeux sociaux actuels, à se questionner personnellement sur les enjeux auxquels il est attaché, le conduisant enfin à se mettre en mouvement en collectivité.

Il n’y a qu’un pas
Faire semblant de tomber
Tomber vraiment
De ça, là
A ça
Il n’y a qu’un pas
Une seconde.

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Durée : 1 heure + temps festif et temps d’échange informel à la fin de la pièce. Chaque représentation amène les spectacteurs à se questionner et à échanger entre eux. Ayant eu l’occasion de se rencontrer pendant la pièce, le public est amené à en discuter naturellement à la fin de l’événement.

Chorégraphie et régie : Antoine TANGUY

Interprètes : Alice LADA / Jeanne STUART / Laure DESPLAN / Jérôme BATTEUX / Jean-François COFFIN / Bela BALSA / Ibou NGOM (stagiaire) / Manon CAPRARO (stagiaire)

Le projet est soutenu par l’association La Clé du Quai – Le Tchai. 
Une première version courte de cette pièce a été créée au sein de la Fondation Royaumont en Août 2017, avec Alice Lada, Julien Mondon, Marjorie Potiron et Jeanne Stuart. 

Et rien ne bouge - photo Steve Laurens

L'Antigone de Clios

 

 

"... Il n'a pas l'air méchant, mais il y a pourtant dans son regard quelque chose de sauvage et d'amer qui l'effraie et la subjugue. Elle ne peut s'empêcher de la regarder. (...) Qu'il est beau avec ce front haut sur lequel retombe ses cheveux noirs et bouclés, sa bouche éclatante sous le jeu amer du sourire."

Antigone (H.Bouchau).

 

Ce duo est inspiré des personnages d'Antigone de Clios, dans la version d'Henri Bauchau (Oedipe sur la route et Antigone). La rencontre de ces deux personnages, dans leur errance à travers la Grèce, les transforme l'un l'autre. Clios est un homme violent et impulsif qui trouvera par Antigone sa sérénité. Elle, tout en dévotion et abnégation, incarne pourtant avec puissance le combat pour autrui.

L antigone de clios
L antigone de clios 2

 

 

Ces deux êtres se rencontrent alors qu'ils traversent tous deux un même espace vide et infini. Antigone est d'une grande faiblesse physique et morale, en proie au doute, à chercher ce qu'elle est. Clios s'est éloigné de lui-même dans une recherche violente du goût de la vie. Leurs chemins vont se croiser plusieurs fois avant de trouver une trajectoire commune. Dans cet abysse qui les entoure, ils vont trouver successivement l'un dans l'autre un soutien et une façon d'avancer. Les chemins sont longs et le changement, en chacun d'eux, demande un travail patient. Ce sont ces pertes, ces croisements, ces retrouvailles, qui les font apprendre constamment l'un de l'autre.

Antigone comprend, peu à peu, qu'elle est sa force, ce qu'elle doit faire. Elle, qui n'est capable que d'être dans le moment présent, parvient à tisser des liens entre son propre passé et l'avenir qui l'attend. Clios, quant à lui, retrouve ce qui constitue l'éclat de son être: un calme, une beauté et une assurance qui lui permettent d'aider la jeune femme, tout en comprenant quelle est sa place dans l'univers. Pour autant, il n'est pas d'histoire d'amour entre eux. Si l'amour apparaît, c'est sous la forme d'un respect profond et d'une confiance absolue dans le choix et la destinée de chacun. Ils trouveront la force et la sérénité de laisser l'autre partir et accomplir sa vie.

Ces deux personnages, de haute inspiration mythologique, se retranscrivent ici pour construire des individus intemporels et présents, en accord avec la fonction même du mythe grec qui est de renvoyer à notre propre condition.

C'est avant tout l'histoire d'importants conflits intérieurs, de volontés contradictoires, qui trouvent un équilibre par le vecteur de la reconnaissance. Antigone et Clios finissent par se reconnaître.

Le plateau est nu. C'est un espace noir et sans limites où la lumière travaille à effacer les frontières matérielles et créer les espaces vides. Le regard n'a comme point d'accroche que ces deux êtres qui y tracent leur chemin, deux personnages livrés à leur sort. Les costumes sont simples et épurés.

 

©Guy Eichelberger - Concours des Jeunes Chorégraphes Les Synodales 2016 - Lauréats Prix des Synodales.